La Maison Accueillante: le contexte

Lieu d’accueil pour personnes en exil

Vous pouvez retrouver ici la génèse du projet de maison et visiter le site dédié la Coop Lucette.

Aujourd’hui, des dizaines de millions de personnes dans le monde, dont près de la moitié sont mineures, se retrouvent en situation de déplacement forcé. Le nombre de ces déplacés ne fera que croître, notamment pour cause environnementale, d’ici 2050.

En Europe, la crise migratoire ne correspond pas tant à une augmentation du flux migratoire qu’à un changement de poli- tique, ce que Camille Schmoll nomme une « dérive des frontières » ‘, « le passage dit irrégulier est devenu la seule voie d’entrée vers le continent pour de nombreuses personnes : tout comme l’asile à de nombreux égards est devenu l’une des rares voies de régularisation (…) C’est une crise de l’accueil »

En France, l’hébergement d’Etat des personnes exilées reste largement déficient pour répondre à la demande réelle. Les places existantes sont insuffisantes, et une partie du parc d’hébergement est occupé par des bénéficiaires de la protection internationale (réfugiés) et par des personnes déboutées du droit d’asile, en places indues. En 2023, 40% des demandeurs d’asile bénéficiaires des CMA (conditions matérielles d’accueil), combinant une allocation pour demandeur d’asile (ADA) et un hébergement, n’ont pas accès à un centre d’accueil pour demandeur d’asile (CADA ou HUDA). De plus, de nombreux demandeurs d’asile perdent leurs CMA du fait des politiques d’éloignement de ces personnes pour désengorger l’Ile de France ; l’OFII supprimant les CMA si la personne refuse un hébergement. L’éloignement des hébergements proposés, déconnectés de leur réseau d’entraide, est souvent à l’origine de leur refus. Ces carences conduisent à la saturation du 115 en milieu urbain (hébergement d’urgence largement occupé par des personnes en attente d’un statut et des personnes déboutées), à la formation de camps, d’habitats insalubres un peu partout dans les grandes villes, dans un déni régulier du droit au logement, plongeant les exilés dans la précarité et le désespoir.

« A Dieulefit, nul n’est étranger »

Tout au long du XXe siècle, la France, à la fois pays d’immigration et pays d’accueil pour de nombreux réfugiés politiques, a vu sa tradition d’asile mise à l’épreuve, en particulier durant la Deuxième Guerre mondiale. La Drôme fut un exemple singulier de cet accueil, notamment en proposant des solutions propres au travers de mobilisations citoyennes et caritatives qui accompagnèrent et heurtèrent les politiques publiques. Dieulefit, avec d’autres villes de la Drôme, fait entièrement partie de cette histoire. Elle en tire jusqu’à aujourd’hui une identité solidaire forte, un « patrimoine éthique ». Dieulefit et tout son territoire, riche de ses associations et de ses citoyens engagés, de surcroît favorables à la transition écologique et à la démocratie participative, bénéficient d’une dynamique qui leur a permis d’entrer dans le programme national « Petite Ville de Demain ». Au vu des expériences et compétences individuelles et collectives d’accueil développées dans notre association Passerelles, nous souhaitons plus que jamais favoriser et consolider cette solidarité à travers l’ouverture de La Maison Accueillante de Dieulefit.